Chapitre 6 : L’importance de soigner ses traumatismes

Un jour, lors d’une séance avec mon psy, il m’a posé des questions sur mon enfance. Je ne comprenais pas le lien avec mes problèmes actuels. Pourquoi revenir si loin en arrière ? Pourquoi parler de choses que je pensais avoir oubliées ?

C’est à la fin de la séance qu’il m’a expliqué. Il m’a dit que notre enfance est la base sur laquelle on construit notre vision du monde une fois adulte. C’est à ce moment-là qu’on reçoit des valeurs, des principes, mais aussi des blessures. Et si ces blessures ne sont pas soignées, elles nous suivent toute notre vie, influençant nos relations, nos choix et notre bien-être.

J’ai alors réalisé quelque chose d’important : mon mal-être actuel n’était pas apparu par hasard. Il était lié à des choses plus profondes, à des blessures que je n’avais jamais vraiment prises en compte.


Ce qui m’a aidée à avancer


La première chose qui m’a permis d’entamer un chemin vers la guérison, c’est d’arrêter de minimiser ce que je ressentais. Pendant longtemps, j’ai repoussé mes émotions, en me disant que ce n’était “pas si grave” ou que d’autres avaient sûrement vécu pire. J’essayais de relativiser ma douleur pour la rendre moins lourde, mais au fond, je savais que quelque chose n’allait pas. Ignorer ses souffrances ne les fait pas disparaître, bien au contraire, elles s’ancrent encore plus profondément. J’ai compris qu’il était essentiel d’écouter ce que je ressentais au lieu de le fuir.

Ensuite, j’ai dû accepter que ce n’était pas normal de souffrir en silence. Pendant des années, je me suis convaincue que cette tristesse ou cette anxiété faisait simplement partie de moi, que c’était mon caractère. Mais ce n’est pas vrai. Ressentir un mal-être constant, être envahi par des angoisses ou des pensées négatives, ce n’est pas quelque chose avec lequel on est obligé de vivre. Il existe des solutions, mais pour cela, il faut d’abord reconnaître que ce n’est pas une fatalité.

Une fois que j’ai compris que mon mal-être ne disparaîtrait pas tout seul, j’ai ressenti ce besoin de changer. J’ai voulu comprendre d’où venait cette douleur, pourquoi certaines choses me touchaient autant, pourquoi je réagissais d’une certaine manière. Mais face à ces questions, je me suis vite sentie dépassée. Par où commencer ? Comment savoir si mes souvenirs étaient vraiment liés à ce que je vivais aujourd’hui ? C’est là que j’ai compris que je n’y arriverais pas seule et que demander de l’aide n’était pas un signe de faiblesse, mais de courage.

Consulter un professionnel a été une étape essentielle pour moi. J’avais besoin d’un regard extérieur, de quelqu’un qui pourrait m’aider à mettre des mots sur mes ressentis et à comprendre l’origine de mes douleurs. Parfois, on porte en nous des blessures dont on n’a même pas conscience, et seul un spécialiste peut nous aider à y voir plus clair. C’est un processus qui peut être long et parfois inconfortable, mais c’est aussi une libération. Petit à petit, j’ai appris à reconnaître les schémas qui se répétaient dans ma vie et à comprendre pourquoi certaines situations me blessaient plus que d’autres.


Guérir prend du temps


La première étape vers la guérison, c’est l’acceptation. Accepter qu’on souffre, accepter qu’on a besoin d’aide, et accepter que le chemin sera long. Ce n’est pas simple, car cela demande du courage et de l’honnêteté envers soi-même. Mais une fois cette prise de conscience faite, on peut enfin avancer.

La deuxième étape, c’est la patience. On aimerait tous guérir rapidement, effacer nos douleurs en quelques jours, mais la réalité est différente. Il faut du temps pour déconstruire des années de blessures et de mécanismes de défense. La guérison n’est pas une ligne droite, il y a des hauts et des bas, des moments où l’on se sent mieux et d’autres où tout semble revenir. Mais chaque petit progrès compte.


Dans mon prochain article, je vous parlerai plus en détail de cette patience et de l’importance de respecter son propre rythme dans le processus de guérison. En attendant, souvenez-vous que vous méritez d’aller mieux et que la guérison est possible. Prenez le temps dont vous avez besoin, soyez bienveillant envers vous-même, et surtout, ne perdez pas espoir.


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