CHAPITRE 7 : Comment est née ma passion pour le cinéma
Je m’en souviens comme si c’était hier.
J’étais en 8ᵉ (2ᵉ année) au collège. Un après-midi, comme tous les autres, je suis rentrée à la maison. J’ai mangé, puis je me suis allongée pour faire une sieste avant de réviser.
Ce jour-là, j’ai mis la radio sur mon téléphone. Il y avait une émission où l’on parlait de musique et des nouvelles sorties. Allongée sur mon lit, j’écoutais. Et sans m’en rendre compte, mon esprit a commencé à créer des images.
Chaque son devenait un clip dans ma tête. Chaque musique racontait une histoire. J’ai trouvé ça beau. Très beau. Et à cet instant précis, j’ai su. J’ai su que c’était ça que je voulais faire plus tard. Produire, raconter l’histoire des autres de manière visuelle. Mais quand on vit dans un pays où l’art est peu reconnu, les rêves ont du mal à trouver leur place. À l’université, aucune formation artistique qui renvoie au cinéma ne m’était accessible, à part la communication. Quand j’en ai parlé autour de moi, certains ont ri. Ils m’ont dit que j’étais folle. Alors j’ai eu peur, peur de ne pas être prise au sérieux, peur de ne pas être comprise. Je me suis promis d’enfouir cette passion au plus profond de moi, de la cacher, de ne plus jamais en parler.
Puis je suis arrivée en France. Avec beaucoup de doutes, beaucoup d’incertitudes, et même si cette passion continuait de brûler en moi, j’ai choisi une voie plus “raisonnable” : des études en économie et gestion. Pourtant, je n’ai jamais arrêté de regarder le monde avec ce regard différent. Films, séries, musiques, livres, émissions… je remarquais chaque détail. À tel point qu’un de mes meilleurs amis disait qu’il détestait regarder une émission avec moi, parce que je voyais tout. Quand une musique me touchait vraiment, j’avais envie de créer. De faire une vidéo. De traduire en images ce que les paroles me faisaient ressentir. Ma compréhension. Mon ressenti. J’ai créé beaucoup de vidéos. Environ une cinquantaine. Mais je ne les ai jamais publiées. À chaque fois, une voix revenait dans ma tête.
Celle des rires.
Celle du jugement.
Celle qui me disait que j’étais ridicule.
Et plus le temps passait, plus quelque chose s’éteignait en moi. Me regarder dans le miroir et me dire que je faisais des études que je n’aimais pas. Avancer sur un chemin épuisant, juste pour arriver un jour à un travail qui ne me ressemblerait pas.
Mon corps et mon cœur ont fini par dire stop. Burn-out en 2023, puis une profonde dépression. Mais cette partie-là mérite son propre chapitre…
Si tu lis ces lignes et que toi aussi tu caches une passion, si tu as peur de te montrer, peur du regard des autres, sache une chose : tu n’es pas seul(e).
Moral de l’histoire : écoute ton cœur.
Suivre sa passion n’est jamais simple. C’est souvent le choix le plus difficile, celui qui fait le plus peur.
Mais parfois, c’est aussi celui qui te sauve. Il m’a sauvé.
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